Même si les capacités de réflexion d’un collectif sont supérieures à celles d’un individu, la pertinence de leurs résultats est limitée par les effets de groupe et les méthodes que se donnent les organisations.
La fonction d’une organisation, quelle qu’elle soit – entreprise, groupe de travail, équipe de chercheurs, conseil d’administration -, est d’amener ses membres à réfléchir, décider et agir ensemble. Etre à plusieurs pour réfléchir est certainement un avantage : on peut se répartir le raisonnement en tâches plus simples, examiner davantage d’options, enrichir mutuellement les idées des uns et des autres, vérifier les calculs de chacun.
A priori, la rationalité d’un collectif devrait être supérieure à celle d’un individu, nécessairement limité par ses capacités à s’informer et à penser. Mais cette rationalité collective se heurte à d’autres limites, qui proviennent des formes mêmes de la réflexion et de la décision à plusieurs. Une organisation possède une intelligence propre qui la rend plus efficace qu’un individu seul. Mais cette intelligence collective, pour fonctionner, doit utiliser des processus spécifiques comme le travail en groupe et la coordination implicite. Et ces processus présentent des risques propres de dysfonctionnement qui peuvent détériorer cette intelligence collective.
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