Nous constatons que de plus en plus d’organisations communiquent sur certaines valeurs dites « éthiques ». Pour ce faire, elles présentent au public des valeurs comme le développement durable, la responsabilité sociale, mais elles communiquent aussi sur l’implantation des codes éthiques au sein de leur enceinte. Au final, l’éthique semble être un vocable parapluie sous lequel tout y est intégré, essayons d’y voir un peu plus clair.
Comment analyser la communication éthique au sein d’une l’organisation ? Cette étape requiert que l’on pose un certain nombre de questions sur :
Les buts et objectifs basiques de l’organisation : Encouragent-ils ou découragent-ils le genre de communication requis pour les prises de décisions éthiques? Ces buts et objectifs sont-ils réalistes ou, encouragent-ils les employés à, bâcler à s’engager, dans des comportements malhonnêtes?
Pressions externes : Existe-t-il des pressions en dehors de l’organisation qui inhibent et découragent une communication éthique au sein de l’organisation?
Communication et structures de prise de décision : Les procédures sont-elles claires, appropriées et efficaces? Les canaux de communication sont-ils clairs, appropriés et efficaces?
Leadership : existe-t-il des modèles qui encouragent une communication responsable et éthique?
Relations entre paires : Encouragent-ils ou découragent-ils les comportements éthiques ?
Codes de conduite éthique : Des codes existent-ils? Sont-ils diffusés et largement connus dans l’organisation? Sont-ils efficaces?
Contrôle interne/externe : Y a-t-il une personne qui peut aller dans l’organisation pour discuter des enjeux éthiques? L’organisation fait-elle réaliser ses audits en interne ou externe?
Normes de sécurité : Ses normes sont-ils adéquats? Sont-ils suivis?
Rapporteur : Les employés ont-ils des routes alternatives pour résoudre ou rapporter des problèmes éthiques? Ont-ils le moyen de faire appel à un rapporteur?
C’est à la lumière de ces quelques questions que le public, les employés, les actionnaires ou consultants pourront réellement se faire une idée de l’éthicalité d’une organisation. La multiplication des campagnes publicitaires ne doit pas être considérée comme seul indicateur pertinent.
Les enjeux éthiques devraient être regardés comme et en lien direct avec les enjeux économiques et pragmatiques dans la prise de décision. Un sens de l’éthique doit être « institutionnalisé » dans l’organisation. Les procédures, les opportunités et mécanismes devraient être établis pour les employés de manière à ce qu’ils puissent exprimer leurs problèmes éthiques sans peur de perdre une promotion, ou d’être licenciés.
En définitive, c’est en institutionnalisant l’éthique dans l’organisation que les managers favoriseront un climat et une communication éthique aboutis.




février 19th, 2008 at 16:54
Belle initiative que de recenser les critères “d’éthicalité” pertinents, mais les mécanismes à analyser peuvent-ils l’être indépendamment les uns des autres? et comment reconnaître un mécanisme éthique simple d’un “parapluie” organisé?
Par exemple, il serait logique qu’un contrôle externe soit plus fiable qu’un contrôle interne et pourtant comment définir l’éthique de l’organisme qui contrôle, de ses process? Une culture d’entreprise forte qui diffuse très bien des codes de conduite éthique, si elle est sclérosante pour les employés, est-elle toujours en respect de l’éthique de la communication?
février 20th, 2008 at 8:53
Bonjour Vivien,
Les mécanismes peuvent être analysés indépendamment les uns des autres. Mais il est préférable de les analyser de manière systémique afin de s’assurer réellement de la démarche éthique de l’organisation. Dans le cas contraire, on pourrait se retrouver comme tu le mentionnes face à un “parapluie organisé”.
Le contrôle externe quant à lui est complémentaire au contrôle interne de l’organisation, c’est un outil de plus qui permet de réactualiser et d’enrichir la démarche éthique organisationnelle.
Pour le cas d’une culture d’entreprise forte et sclérosante, l’un des symptômes le plus important est une forte pression dégénérescente à la conformité qui nuit à la dissidence. A partir du moment, où la dissidence n’est plus permise, on enfreint la liberté, l’intégrité des individus, et de fait, les normes de l’éthique et de l’éthique de la communication en particulier.