L’éthique est un bluff : 1) parce que près de 98% des firmes de Fortune 1000 ont rédigé des manuels, codes, chartes éthiques, etc. et malgré cela, les scandales financiers n’ont pas cessé, 2) parce que dès l’arrivée d’une crise, on adopte de nouveaux codes éthiques pour réguler les manquements à l’origine desdites crises qui s’avéreront encore insuffisants pour réguler les comportements.
Par ailleurs, d’après les études, adopter un code éthique, comme le font 78 % des 1 000 plus grandes entreprises américaines (85 % au Canada) (Nijhof et al., 2003) et chez 52,5 % des 200 plus grandes entreprises mondiales (Kaptein, 2004) ne garantit pas forcément des comportements éthiques (Healy et Iles, 2002; Collins, 2000).
La conclusion qui semble évidente est l’inutilité de l’éthique dans la régulation durable des comportements.
Toutefois, en faisant preuve de tempérance, nous avons tout au long de nos articles précédents présenté ce qu’est l’éthique, ses différents courants, ses approches d’implantation, son absolue nécessité communicationnelle, ses différences avec les autres modes de régulation de comportements (déontologie, droit, etc.), sa complexité. En somme, pour vérifier de l’efficacité d’un programme éthique, c’est l’ensemble des paramètres que nous venons d’évoquer qu’il faut prendre en compte avant d’affirmer que l’éthique est un bluff. Surtout, la vocation éthique n’est pas de garantir l’absence de crise mais simplement de favoriser les conditions (climat sain) d’émergence d’un agir juste et responsable nécessaires à une performance organisationnelle durable.